jeudi 7 mars 2013

"Pourquoi la Roumanie?"

Il y a encore six mois, je n'avais aucune idée qu'en cette fin de février, j'allais non pas siroter un café bien chaud dans mon studio; ni lire un livre de Platon, confortablement assis sur un fauteuil dans la campagne ; mais bien écrire ces lignes depuis un chambre perdue, dirait-on d'un point de vue français, en Europe de l'Est, plus précisément Cluj-Napoca, capitale de la Transylvanie.
  Une question peut advenir dans votre esprit, comme elle a été formulée précipitamment par bien des français : "pourquoi la Roumanie?"  Et d'ailleurs, qu'est-ce que Cluj? Diantre, tout le monde connaît Bucarest, du moins sous la forme de nom, si ce n'est que de nom... mais Cluj? Cela sonne un peu faux, avec un air de Clown. Ajoutez-donc "Napoca", et vous aurez la fameuse sauce "Clougenapoka", aux consonances voisines latines et slaves, inconnue des français.
   Etant suffisamment agacé de la France, de ces banlieues qui ne finissent pas de déchirer les campagnes, des gens qui ne savent parler qu'une langue (le langage sms), je décidai de me rendre promptement, un 16 septembre, aux relations internationales, afin de partir, partir n'importe où, pourvu que cela me change de l'ennui à la française. "Vous avez l'Allemagne, l'Angleterre... ce sont de bonnes destinations en philosophie... il y a aussi Italie, Espagne", me dit la très sympathique, belle femme. Après avoir fait la fine bouche, racontant que je préfère partir au Canada, voire faire tout mon master philosophie à l'étranger, elle me répondit :"il y a aussi Pologne, Roumanie...". Je ne mis qu'un jour à prendre ma décision, ayant lu quelques articles sur internet faisant l'éloge de Cluj-Napoca pour sa vie culturelle et étudiante. Plus tard, j'appris par des amis plus qu'intelligents que les roumains sont ouverts, les femmes très belles. Mais ne retomberais-je pas dans les préjugés, si je n'en restais qu'à un stade d'écoute, sans "voir" le terrain?
   

Voici les représentation fausses concernant la Roumanie (il y en a un paquet, donc si tu es franco-français et que tu te penses beau et intelligent parce que tu vis dans le 16ème arrondissement, ou es diplômé(e) de science-po, ou possède deux maisons dans la campagne pour éviter les roms et les arabes, médite sur ces lignes, ou ne reviens jamais (je pense que, tout de même, pour venir sur ce blog, il faut déjà avoir une ouverture d'esprit, qui sait)).
1) Quand un français entend "Transylvanie", il l'associe tout de suite à "Dracula".
2) Les roumains sont des roms/tziganes/gitans (on ne sait plus, de toute façon les médias français s'occupent de remplacer des mots par d'autres).
3) Timisoara est moche parce qu'il y a eu les charnières de Ceausescu.
4) La Roumanie fait partie du Tiers-Monde
5) La Roumanie est un pays pollué.
6) Les Roumains agressent, les roumaines se prostituent, leurs enfants mendient. Et leur grand-mère est magicienne (poussons le préjugé jusqu'au bout).


 Il faut déjà comprendre que les roumains ne sont pas naïfs, car ils sont au courant de tous ces préjugés et se foutent bien de votre gueule pour cette grande raison (et en plus, ils parlent français, donc un peu de respect).
 En un récit détaillé de mon voyage, couplé à une réflexion analytique et critique, je vais tenter d'étudier ces préjugés. Ce n'est pas le seul but de ce blog: en bon étudiant Eramus (la secte, la vraie), je réciterai, comme ces aventuriers qui reviennent du Chiapas, fier d'un carnet rempli de récits extraordinaires, la joie et la compréhension d'un pays qui  a tout à offrir.



"Tant que les gens se plieront à des règles, ce sera la même merde partout dans le monde". Un français sympas de Cluj, en touriste dans la fac d'art.


My lonely tree
                                                     

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